En France, les ménages continuent de renforcer leur épargne de précaution, preuve que les comportements financiers sont encore largement guidés par la peur du risque. A fin juin 2025, selon les dernières statistiques de la Caisse des dépôts, l’encours des dépôts sur le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) a atteint près de 545 milliards d’euros, soit une hausse de plus de 40 milliards en un an.
Chaque crise économique possède ses propres caractéristiques. Celle de 2020 a entraîné un arrêt brutal de l’activité économique, provoquant un choc simultané d’offre et de demande et une baisse des valeurs des entreprises. Cela s’est traduit par une baisse de la production et de la consommation, entraînant un ralentissement de la croissance mondiale.
Les années 2022-2023, quant à elles, ont été marquées par une hausse historique de l’inflation, une crise énergétique et une remontée rapide des taux directeurs, ayant un impact sur la consommation et sur l’investissement.
A la différence de la bulle internet du début des années 2000 ou de la crise des subprimes de 2007-2008, la conjoncture récente repose sur des facteurs macroéconomiques globaux : ralentissement de la croissance, déséquilibres géopolitiques et interdépendance des marchés financiers.
La France n’échappe pas à cette dynamique internationale. La synchronisation des politiques monétaires – qu’il s’agisse de la hausse ou de la baisse des taux d’intérêt pour contenir l’inflation – et de l’impact de ces évolutions sur des investissements en capital expliquent, en grande partie, les tendances actuelles observées sur les marchés financiers et immobiliers.
Il n’existe pas de comportement standard face à l’épargne : les attitudes varient selon le niveau de revenus, l’âge, le genre ou encore les objectifs de placement.
Une grande partie des ménages français, en particulier les femmes, continue de privilégier les produits d’épargne liquide comme le Livret A ou le LDDS. Ces supports, perçus comme sûrs, bénéficient d’une relation de confiance historique avec les Français, même si leurs rendements réels demeurent inférieurs au niveau de l’inflation.
Parallèlement, une nouvelle génération d’épargnants, plus connectée et informée via les réseaux sociaux tels que LinkedIn, manifeste un intérêt croissant pour la Bourse, les investissements responsables ou encore l’immobilier locatif.
Selon les données de l’Autorité des marchés financiers (AMF), le nombre d’investisseurs particuliers actifs est resté supérieur à 1,5 million en 2024-2025, confirmant un regain d’intérêt pour les marchés actions malgré la volatilité et les incertitudes économiques.
Les Français ne sont pas nécessairement opposés au risque, mais ils manifestent surtout une aversion à la perte. Autrement dit, ils redoutent davantage de perdre du capital que de manquer une opportunité de gain.
Cette attitude se retrouve dans de nombreux comportements d’investissement : en Bourse, beaucoup d’épargnants préfèrent vendre rapidement les titres qui gagnent et conserver ceux qui baissent, dans l’espoir d’un rebond. C’est ce que la finance comportementale appelle l’effet de disposition.
Psychologiquement, la douleur provoquée par une perte est plus intense que le plaisir ressenti en cas de gain. Ce biais explique en partie le succès durable des fonds en euros de l’assurance vie, dont la priorité reste la préservation du capital plutôt que la recherche de performance.
La finance comportementale analyse la manière dont les facteurs psychologiques et cognitifs influencent les décisions financières des individus.
Alors que la finance traditionnelle partait du principe que l’investisseur avait un comportement rationnel et présentait une aversion au risque face à l’incertitude des rentabilités futures que l’on mesure par l’indicateur de volatilité. Mais les recherches menées à partir de la fin des années 1970 ont bouleversé cette vision.
Les travaux des psychologues et économistes Daniel Kahneman et Amos Tversky ont montré que la prise de décision financière est souvent biaisée par des mécanismes émotionnels ou cognitifs susceptibles de modifier le comportement des épargnants.
Ces biais comportementaux amènent les épargnants à adopter des choix parfois irrationnels, comme conserver trop longtemps un placement en baisse, céder à l’euphorie d’un marché en hausse, ou privilégier la sécurité au détriment de la performance.
La finance comportementale permet de comprendre les comportements d’épargne et d’améliorer la prise de décision dans la gestion de son patrimoine financier.
« Connais-toi toi-même », disaient les philosophes grecs ! La période récente rappelle une évidence : les décisions d’achat ou de vente d’un produit financier sont souvent influencées par les émotions. En cas d’incertitude, la peur, l’euphorie ou la précipitation peuvent altérer la lucidité des investisseurs et conduire à des choix inadaptés.
La première étape consiste à mieux se connaître : comprendre son rapport au risque, ses objectifs et sa tolérance à la volatilité. Ensuite, adopter une discipline d’investissement s’avère essentiel. Définir à l’avance des seuils de gain ou de perte permet d’éviter les réactions impulsives et d’ancrer ses décisions dans une logique plus rationnelle et structurée.
Aussi, éviter autant que possible de mettre des sentiments dans ses choix d’investissements et éviter les réactions émotionnelles – comme investir dans une entreprise « qu’on aime bien » sans réelle analyse de fond.
Enfin, des experts en gestion de patrimoine (et notamment en gestion d’actifs) permet de bénéficier d’un accompagnement personnalisé, de mieux appréhender les aléas du marché et d’adopter une stratégie adaptée à sa situation.
Demander conseil, c’est se donner les moyens d’une meilleure prise de décision, de rationaliser le sujet et, ainsi, de sortir du registre émotionnel.
Si vous préférez déléguer la gestion de votre portefeuille à des experts, pour éviter les mauvaises décisions, notamment en période de crise économique, la gestion sous mandat est faite pour vous. Des spécialistes des marchés financiers construiront, grâce à une large sélection de valeurs, une allocation d’actifs adaptée à vos objectifs et gérée dans toutes les configurations de marché.
N’hésitez pas à en parler à votre chargé d’affaires Gestion Privée.
Rédaction achevée au 30/06/2020, mise à jour le 28/11/2025, sous réserve d’évolutions de l’actualité économique et financière, ainsi que des dispositions fiscales, juridiques et réglementaires.