
3 mars 2025
Le magazine en ligne de la Gestion Privée Caisse d’Epargne pour vous guider dans vos projets patrimoniaux.
Les produits d’épargne retraite ne sont pas toujours très bien connus ni leur complémentarité bien appréhendée. À bien y regarder, le Plan d’épargne retraite (PER) est pourtant un outil prometteur pour les actifs. « Cette formule est plus souple dans son fonctionnement que les anciennes solutions d’épargne retraite existantes et offre un régime fiscal avantageux », résume Tiphaine Le Bonhomme, Experte Assurance Vie chez Écureuil Vie Développement. Le point sur son fonctionnement. Investir sur les marchés financiers comporte un risque de perte en capital.
D’abord, pour clarifier la gestion de son patrimoine. La préparation d’un complément de retraite est nécessaire à tous, autant y consacrer une enveloppe dédiée. Avec un PER, on prend résolument un cap « retraite ». Ensuite, la gestion de l’épargne va s’inscrire, entre autres, en adéquation avec un horizon de temps, en l’occurrence votre date estimée de départ en retraite. Dans un PER, le principe est celui de la sécurisation progressive ou gestion profilée, dans laquelle votre capital sera progressivement sécurisé à mesure que vous approchez de l’âge de la retraite. Les épargnants avertis qui le souhaitent peuvent toutefois opter pour une gestion libre. Ils devront alors veiller à effectuer la sécurisation de leurs avoirs à l’approche de la retraite.
Tout à fait ! Il est possible de transférer la plupart des anciens dispositifs retraite vers le Plan d’épargne retraite : PERP, Madelin, Préfon, Corem mais également Perco (sur décision de l’employeur) …
Avant d’opérer un tel transfert, il faut analyser ses avantages et inconvénients.
Si le transfert n’est pas avantageux, vous pouvez conserver ces produits et continuer à les alimenter.
Le PER est un produit assoupli par rapport aux formules d’épargne retraite passées. Évolution majeure, il sera en effet possible, une fois à la retraite, de récupérer son épargne sous forme d’un capital, en une ou plusieurs fois, ou encore sous forme de rente viagère, avec des options de réversion ou annuités garanties possibles. Voire de combiner les deux solutions.
Seule exception : les sommes versées dans le compartiment « versements obligatoires » qui ne pourront être attribuées que sous forme de rente.
Oui, à triple titre.
1. Les versements effectués chaque année sur un PER sont déductibles de votre revenu imposable (sauf option contraire pour la non-déductibilité), ce qui engendrera une baisse de votre impôt sur le revenu dès l’année suivante.
2. Vous pouvez déduire vos versements jusqu’à 10 % de vos revenus de l’année précédente (limités à 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale). Il est possible de reporter la déduction non utilisée à l’une des trois années suivantes et/ou de bénéficier des plafonds de déduction non utilisés de l’ensemble des membres du foyer fiscal.
3. Plus votre tranche marginale d’imposition est élevée, plus l’économie d’impôt réalisée le sera aussi.
Exemple : vous versez 10 000 € dans un PER. Si votre taux marginal d’imposition (TMI) est de 30 %, vous bénéficierez d’une baisse d’impôt estimée à 3 000 €. De 4 100 € avec un TMI à 41 %, de 4 500 € à 45 %.
Attention, à la sortie du PER, si vous avez choisi la déductibilité à l’entrée, le capital comme la rente seront imposés 1. Mais généralement à ce moment-là, votre dernière tranche d’imposition devrait être moins forte qu’aujourd’hui. Vous pourrez aussi fractionner le retrait de votre argent sur plusieurs années pour limiter l’imposition. Le choix de la déductibilité doit être effectué après une analyse précise de votre situation.
Oui et non ! Par principe oui, puisque le PER est destiné à se constituer un capital pour sa retraite. Mais en pratique, il existe de nombreuses situations pour lesquelles vous pourrez récupérer votre épargne. Certains coups durs de la vie ouvrent droit à cette possibilité : le décès du conjoint ou du partenaire de Pacs, l’invalidité du titulaire du plan ou de son conjoint (ou partenaire de Pacs) ou d’un enfant à charge, le surendettement du titulaire, l’expiration des droits au chômage, ou encore la cessation d’activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire. Le capital pourra alors être récupéré en exonération d’impôt sur le revenu, les produits n’étant quant à eux soumis qu’aux prélèvements sociaux.
De plus, le PER – et c’est une autre évolution forte par rapport aux produits retraite existants – permet aussi de récupérer son épargne à tout moment pour financer l’achat de sa résidence principale. Dans ce cas, les versements déduits sont réintégrés au revenu global soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu et les produits supportent l’impôt sur le revenu au taux forfaitaire de 12,8 % ou sur option au barème progressif de l’impôt sur le revenu (s’ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 17,2 %).
Le capital épargné ne sera pas perdu mais restitué au(x) bénéficiaire(s) que vous aurez désigné(s) dans le contrat, le régime fiscal dépendant de l’âge du titulaire au moment du décès.
Ces deux solutions sont complémentaires. L’assurance vie est sans conteste la première pièce pour construire son patrimoine financier, permettant de mener différents projets en conservant la disponibilité de son capital. Le PER a l’avantage d’être un produit d’aide à la préparation de la retraite avec un cadre fiscal favorable. Il peut être intéressant de combiner les deux enveloppes en capitalisant sur la déduction fiscale du PER.
Illustration : vous épargnez dans un PER et versez l’économie d’impôt réalisée grâce à la déduction des versements, dans votre assurance vie, ce qui vous permet de construire une épargne disponible en parallèle. D’une pierre deux coups, en somme.
Communication à caractère publicitaire et sans valeur contractuelle.
Rédaction achevée au 03/02/2025, sous réserve d’évolutions de l’actualité économique et financière, ainsi que des dispositions fiscales, juridiques et réglementaires.
Investir sur les marchés financiers comporte un risque de perte en capital.
(1) Pour une sortie en capital, les sommes déduites lors de leur versement seront soumises au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Les produits du PER seront quant à eux soumis au Prélèvement forfaitaire unique (PFU, 30 % actuellement) ou sur option au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Pour une rente viagère, elle sera imposable comme une pension de retraite.