Le prêt à usage (anciennement appelé « commodat ») vient combler un vide juridique. Il consiste à prêter à une personne physique (particulier) ou morale (entreprise) un bien pendant une durée déterminée, dans des conditions définies par les parties. Une opération qui permet d’encadrer certaines situations et certains projets patrimoniaux. Le point avec Maître Guénolé Carlier, notaire à Cambrai.
Organisé par les articles 1875 à 1891 du Code civil, le prêt à usage (ex « commodat ») est un contrat qui régit le prêt gratuit et temporaire d’un bien déterminé « qui ne se consomme pas par l’usage ». Il ne concerne donc pas les biens « consomptibles », comme des sommes d’argent, mais plutôt des meubles ou immeubles. « Dans la très grande majorité des cas, cela porte sur des immeubles », explique Maître Guénolé Carlier, notaire à Cambrai. Qu’est-ce qui distingue alors le commodat d’un bail ? Son caractère gratuit. L’emprunteur ne verse ni loyer, ni indemnité du fait de son occupation. Pour des raisons de preuve en cas de litige, il demeure conseillé de l’établir par écrit, sous seing privé.
Le commodat peut être conclu entre des personnes physiques ou morales. Le plus fréquemment, un lien entre les parties existe préalablement – qu’il soit de nature familiale ou non. Ainsi, les cas les plus courants d’utilisation du commodat sont :
Le prêt à usage comporte « trop de conditions à prévoir pour que ce ne soit pas écrit », estime Maître Carlier. Même s’il peut être verbal et ne nécessite pas obligatoirement d’écrit car il repose sur la confiance, il est donc plus prudent de faire appel à un notaire ou à un avocat pour rédiger un tel acte. Cela évitera tout risque de litige, notamment en cas d’opération importante ou si le prêt à usage porte sur un bien de grande valeur. Le contrat devra indiquer :
À la différence de la location, le prêt à usage ne prévoit pas forcément de contribution financière de la part de l’emprunteur (loyer, caution…). C’est aussi le propriétaire qui continue de payer la taxe foncière car le prêteur demeure propriétaire de la chose prêtée (art. 1877 C. civ.) et aussi d’assumer les travaux importants.
Toutefois, l’emprunteur a des obligations :
L’emprunteur n’étant pas propriétaire du bien, il n’a aucune déclaration fiscale à remplir. Au titre de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), c’est le prêteur du bien qui doit inscrire sa valeur dans sa déclaration en mentionnant l’existence d’un commodat sur ce bien.
En cas de décès du prêteur, le bien immobilier entre dans l’actif successoral. Ce sont les héritiers qui devront donc acquitter les droits de succession, le commodat étant transmis aux héritiers qui sont tenus aux engagements du contrat conclu avec l’emprunteur jusqu’au terme prévu.
Rédaction achevée au 09/09/2013, mise à jour au 12/02/2024 sous réserve d’évolutions de l’actualité économique et financière, ainsi que des dispositions fiscales, juridiques et réglementaires.