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À Lire - Patrimoine du futur
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Le patrimoine dans tous ses états

Nouveaux actifs, nouveaux contextes familiaux, nouvelles relations à la propriété et à l’usage, nouveaux engagements, etc. Le patrimoine connaît aujourd’hui une véritable métamorphose. Revue de ces transformations.

Au cœur des transitions de notre société

Le patrimoine se situe au point exact de convergence entre trois transitions majeures. La première est bien entendu la transition numérique. Le patrimoine se dématérialise, de nouveaux actifs numériques, de nouveaux objets patrimoniaux apparaissent avec le numérique… et de nouveaux rapports au patrimoine. Quand les blockchains et l’intelligence artificielle deviennent des technologies patrimoniales, le rapport humain au patrimoine est réinterrogé. Les fonctions de tiers de confiance, de conseil, évoluent — mais pourraient se retrouver confortées par cette révolution numérique du patrimoine : en outillant clients et conseillers, le numérique permet de se concentrer sur l’accompagnement humain, le dialogue, la relation. La transition énergétique et environnementale est la deuxième mutation majeure qui transforme le rapport au patrimoine. Les stratégies d’investissement à impact positif sur l’environnement se développent, les ressources environnementales sont appelées à devenir des actifs extrêmement valorisés. Surtout, pour réussir, cette transition doit devenir un terrain patrimonial majeur, en mobilisant épargne et investissement pour financer de nouvelles infrastructures énergétiques, des moyens de mobilité plus durables, des villes plus vertes. Il n’est plus irréaliste d’envisager la convergence entre intérêt collectif et performance patrimoniale. La troisième et dernière transition qui affecte directement le patrimoine, relève de nos sociétés elles-mêmes. Les individus d’aujourd’hui repensent tous leurs liens avec les grands collectifs d’appartenance : leur famille, leur entreprise, leur territoire, leur nation, etc. Sans se détacher de ces collectifs, les personnes s’affirment de plus en plus. À l’ère de l’individu, le patrimoine s’exprime de manière croissante sur le terrain de la personne : notre intimité, nos connaissances, nos données personnelles deviennent des leviers de création de valeur pour de plus en plus d’entreprises, et demain peut-être pour nous-mêmes. D’ici dix ans, serons-nous notre propre patrimoine ?

La propriété, fin de partie ?

En 2001, Jeremy Rifkin — essayiste américain, spécialiste de prospective économique et scientifique — prophétisait la fin de l’ère de la propriété et l’entrée dans l’ère de l’accès. Vingt ans plus tard, ni le partage ni le droit d’accès généralisé n’ont remplacé la propriété privée. Le patrimoine fait de la résistance : les individus et les familles restent attachés à des possessions fondamentales, en premier lieu leur logement. Mais notre vieux régime de propriété devient de plus en plus complexe, avec une grande diversification de la relation aux biens : on possède, certes, mais aussi on s’abonne, on partage sur les plateformes, on invente des nouvelles formes de propriété collective, on remplace la possession par des droits d’usages, etc.

Les nouvelles intentions patrimoniales

Un patrimoine se reçoit, se préserve et se développe, s’investit et se transmet. Il matérialise notre attachement au passé, notre engagement dans le présent, nos paris sur l’avenir. Ces nouvelles intentions patrimoniales seront aussi au cœur de ce numéro. Que devient le patrimoine, alors que nos vies sont appelées à devenir plus incertaines, plus variées ? Comme nous le verrons, dans cette grande transformation, les grands repères du patrimoine s’adaptent mais gardent toute leur importance. La famille, l’un des piliers du modèle patrimonial, devient certes plus complexe, adopte des géométries (et des géographies) de plus en plus variables, mais reste fondamentale. Un patrimoine sert aujourd’hui, et servira demain, à protéger les siens. L’entreprise, autre institution patrimoniale, se réinvente elle aussi — le rôle des actionnaires comme la répartition de la valeur sont interrogés, mais nul ne conteste qu’elle restera un maillon essentiel pour l’organisation et le développement des capacités productives d’un pays. Enfin, si les stratégies patrimoniales se pensent de plus en plus à l’échelle mondiale, le territoire local redevient un terrain d’investissement privilégié : mobiliser son épargne en proximité, pour favoriser le développement de son territoire de vie, recrée du lien social. La famille, l’entreprise, le territoire, la relation de confiance, etc. : finalement, les grandes institutions du patrimoine restent porteuses d’avenir !

Rédaction achevée en 2018 dans le cadre du magazine hors-série sur le futur du patrimoine réalisé avec Usbek & Rica.

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