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Protéger votre conjoint, partenaire ou concubin grâce à l’assurance vie

Selon que vous soyez marié, pacsé ou en concubinage, les règles de transmission diffèrent… et peuvent parfois faire l’objet de mauvaises surprises lors d’un décès. Parce qu’elle est hors succession, c’est-à-dire que les capitaux décès reviennent aux personnes désignées selon des règles spécifiques, l’assurance vie peut constituer un outil de protection très efficace pour les couples.

Rédiger avec soin la clause bénéficiaire

La protection passe d’abord par une bonne rédaction de la clause bénéficiaire. L’assuré doit désigner des bénéficiaires, le plus souvent parmi des clauses types proposées par l’assureur, telles que « mon conjoint, à défaut mes enfants ». Vous pouvez modifier la clause bénéficiaire à tout moment, sans frais. Attention, le terme de conjoint ne désigne que la personne liée par le mariage ; le partenaire de PACS et le concubin ne sont pas visés par cette dénomination. Vous pouvez désigner votre conjoint par sa qualité « mon conjoint, non divorcé, non séparé de corps, non engagé dans une procédure de divorce ». En revanche, il convient de privilégier une désignation du partenaire de PACS ou du concubin par son état civil : « nom, prénom, date de naissance, numéro de sécurité sociale ». Il faudra évidemment penser à actualiser cette clause bénéficiaire en cas de changement de situation familiale (mariage, divorce, décès…).

Une protection à la carte pour le bénéficiaire

Lors de votre décès, votre conjoint/partenaire/concubin, désigné bénéficiaire, a le choix d’accepter ou non le bénéfice du contrat d’assurance vie, selon ses besoins, son patrimoine, etc. Cela ne remet pas en cause son acceptation de votre succession, qu’il soit héritier (conjoint) ou légataire (si vous avez prévu un testament pour votre partenaire de PACS ou votre concubin). Il peut même accepter le bénéfice d’un contrat d’assurance vie et en refuser un autre si vous l’avez nommé bénéficiaire de plusieurs de vos contrats. En cas de renonciation de votre conjoint/partenaire/concubin, les capitaux décès reviennent aux bénéficiaires désignés en second rang.

Réduire la fiscalité pour la transmission au concubin

Le concubin est imposé aux droits de succession au taux de 60 % sur tous les biens qu’il reçoit de la succession (uniquement dans le cas où un testament est prévu en sa faveur), contrairement au conjoint et au partenaire de PACS qui sont exonérés. Le concubin est également imposé sur les capitaux décès qui lui sont attribués. Cependant, s’ils proviennent de versements effectués après 70 ans1 (âge du souscripteur au jour des versements) sur le contrat d’assurance vie, le concubin sera imposé à 60 % au-delà de l’abattement unique de 30 500 euros tous contrats et tous bénéficiaires confondus (les intérêts du contrat sont exonérés). A l’inverse, si les capitaux décès sont issus de versements effectués avant le 70e anniversaire du souscripteur2, la fiscalité est plus favorable au concubin. Il bénéficiera d’un abattement de 152 500 euros, puis d’une imposition à 20 % jusqu’à 700 000 euros et à 31,25 % au-delà, ce qui est plus favorable que le régime s’appliquant hors assurance vie.

Transmettre plus au partenaire de PACS

Le partenaire de PACS n’est pas héritier, la loi ne prévoit pas qu’il soit appelé à la succession. Pour lui transmettre une partie du patrimoine, il est indispensable de lui attribuer des biens par testament. Toutefois, en présence d’enfants, le partenaire ne peut transmettre qu’une partie de son patrimoine (la quotité disponible), celle qui n’est pas réservée par la loi à ses enfants.
L’assurance vie, qui est hors succession, peut être une solution alternative ou complémentaire à la rédaction d’un testament pour transmettre à son partenaire de PACS plus que la quotité disponible. Cette possibilité est d’autant plus intéressante que le capital versé au partenaire sera soumis à une fiscalité plus avantageuse (voir l’infographie « Comment s’organise votre succession sans préparation ? »). Afin de sécuriser l’opération et éviter des éventuelles remises en cause, les primes versées sur le contrat d’assurance vie ne devront pas être manifestement exagérées3.

Exemple :
Deux partenaires d’un PACS achètent une maison dont chacun est propriétaire de la moitié. En cas de décès de l’un d’eux, et sans testament, le survivant conserve sa moitié et se retrouve en indivision, pour l’autre moitié, avec les héritiers de son partenaire décédé. Cette situation peut rapidement devenir conflictuelle.
A l’inverse, en présence d’un testament, le partenaire de PACS peut demander l’attribution préférentielle de la maison (si cette clause est insérée dans l’acte), à charge pour lui de verser une somme d’argent aux autres indivisaires. Cette somme d’argent pourra justement être payée grâce aux capitaux décès provenant d’un contrat d’assurance vie que le défunt aura souscrit au profit du partenaire survivant.

A retenir

Reverser sur un contrat existant ?

Après 70 ans, la fiscalité décès évolue, les bénéficiaires sont soumis au barème des droits de succession après un abattement global de 30 500 euros4, tous bénéficiaires et tous contrats alimentés après 70 ans confondus. Cependant, le conjoint/partenaire de PACS reste exonéré des droits de succession.
Stratégiquement, il est donc préférable d’attribuer les contrats sur lesquels vous avez versé après 70 ans à votre conjoint/partenaire de PACS, plutôt qu’à vos enfants. Pourquoi ouvrir un nouveau contrat après votre 70e anniversaire plutôt que de reverser sur votre contrat existant ? Tout simplement parce qu’en présence d’un seul contrat comprenant des versements effectués avant et après 70 ans, vous ne pourrez pas répartir les capitaux de manière optimale entre vos héritiers.

Focus sur… la clause bénéficiaire démembrée

Pour protéger votre conjoint/partenaire/concubin sans léser vos enfants, vous pouvez démembrer la clause bénéficiaire de votre contrat d’assurance vie. Ainsi votre conjoint a le droit aux intérêts produits par votre épargne et vos enfants sont assurés de recevoir le capital. Cela peut être particulièrement utile dans le cadre de familles recomposées, par exemple. Pour en savoir plus, retrouvez notre article Assurance vie : pourquoi démembrer la clause bénéficiaire ?.

Rédaction achevée par Fidroit en novembre 2022, sous réserve d’évolutions de l’actualité économique et financière, ainsi que des dispositions fiscales, juridiques et réglementaires.

(1) Article 757 B du CGI.

(2) Article 990 i du CGI.

(3) Le caractère manifestement exagéré des primes est apprécié par un juge, saisi par un héritier qui s’estimerait lésé, en fonction de l’âge du souscripteur au moment du versement, de sa situation patrimoniale et familiale, ainsi que de l’utilité du contrat pour celui-ci.

(4) A noter que tous les intérêts générés par les versements effectués après 70 ans sont exonérés.

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